Le thème était alléchant, « la communauté », et le lieu attirant, à quelques kilomètres de Naples entre le Vésuve et Capri. Nous nous sommes donc rendus au 19e Faitodoc pour continuer notre anthropologie collective des lieux où se montre et se discute le cinéma.
Quelques mots sur la montagne avant de parler des films : entouré par les ruines archéologiques de Pompéi, la zone industrielle de Castellamare, la côte d’azur napolitaine d’Amalfi, le Monte Faito est un monde à part. Perché à 1100 mètre au-dessus de la baie de Naples, le village, entouré de forêts de pins, de châtaignés et de hêtres, fut un centre touristique dans les années 60, aujourd’hui à moitié en ruine.
Le festival est organisé par des cinéastes belges en complicité avec une association anti-mafia de Castellamare. L’asso organise le camping, le bar et les activités, les belges s’occupent de la programmation. En découle une composition sociale étrange : jeunes hippies de la région venu pour camper dans la forêt et jouer du djembé, gens du cinéma et de la culture bruxelloise, rares habitants des villas appartenant aux grandes familles napolitaines, cinéastes du monde entier ayant fait le déplacement (un mec est même venu d’Inde !).
Tout cela se mélange plus ou moins. En tout cas, les organisateurs ont à cœur de créer des liens et en plus des rencontres cinématographiques, plusieurs évènements sont dédiés aux locaux : vernissage d’un peintre, jury des habitants d’Il Camino, un centre de réinsertion, concert organisé par les ultras de Stabia le club de foot de la vallée etc. Évidemment, cette composition n’est pas simple : mairies et institutions frileuses de soutenir des hippies, campeurs peu intéressés par les films, agissements mystérieux de la mafia, etc.
En résulte une communauté bizarre (au bon sens du terme), une bonne ambiance, réalisée avec seulement 25 000 euros de subventions, beaucoup de travail…
Auteur: dev
