Une commune en faveur des paysans
Plessé, 5 400 habitants au nord de la Loire-Atlantique, s’étend sur 104 km², soit l’équivalent de Paris intra-muros. Ici, 92 exploitations employant 135 personnes structurent le territoire. Avec 44% des terres conduites en bio, la commune figure parmi les plus engagées du pays.
Mais derrière cette vitrine, un risque bien réel : en 2020, 48 des 133 chefs d’exploitation avaient plus de 55 ans, signe que le renouvellement n’a rien d’automatique.
« On ne voulait pas d’une commune sans paysans et paysannes, on préférait largement des corps de ferme vivants », tranche Aurélie Mézière, maire depuis 2020, issue d’une liste citoyenne qui a bousculé les habitudes locales.
Face au vieillissement des agriculteurs, l’équipe municipale a décidé de peser sur l’avenir du territoire, plutôt que de regarder les fermes disparaître une à une.
Commune de Plessé – Wikimedia Commons
Les habitants aux commandes
Plessé a fait un choix radical : pas de commissions municipales classiques, mais uniquement des comités consultatifs ouverts à toutes et tous dès 14 ans. Les habitants qui s’y engagent, surnommés « VIP » pour « volontaires investis plesséens », travaillent directement sur les grandes orientations de la commune, agriculture incluse.
« Pour amener à prendre conscience, il faut mettre les gens autour de la table, créer du lien, c’est l’humain qui est le dénominateur principal des changements », insiste la maire auprès de La Relève et La Peste.
Le comité « agriculture, alimentation, biodiversité, environnement » illustre ce pari : hors des compétences strictes de la commune, c’est un laboratoire de démocratie locale appliquée à l’assiette. Cette démarche rejoint le mouvement des Projets Alimentaires Territoriaux, où les collectivités assument un rôle moteur dans la transition agricole et alimentaire.


Une politique agricole et alimentaire…
Auteur: Isabelle Vauconsant

