Lors de la campagne électorale de 2015, la jeunesse et l’énergie de Justin Trudeau ont charmé le public et les journalistes. Dans son autobiographie de 2014 intitulée Terrain d’entente, il révèle que ses interactions avec les citoyens occupent la première place dans ses priorités.
La communication a constitué pour lui un aspect fondamental de son travail de politicien, davantage que la conception de politiques publiques.
Après neuf ans au pouvoir, quel bilan peut-on tirer de sa communication politique ?
Professeure associée en science en science politique à l’UQAM, mes travaux portent sur la communication politique des premiers ministres canadiens depuis 1968.
L’arme de Justin Trudeau: la séduction
Avant d’être premier ministre, le député Trudeau est arrivé sur la colline parlementaire en planche à roulettes. Il s’est distingué en adoptant la posture de paon en yoga devant un comité parlementaire. Cherchant à se mettre en valeur, et conscient du symbole que représenterait une victoire sportive contre un conservateur, il s’est engagé dans une initiative caritative susceptible de remonter le moral des libéraux : un combat de boxe au profit de la Ottawa Regional Cancer Foundation. Trudeau a battu son adversaire, le très costaud sénateur conservateur Patrick Brazeau. Cette histoire a même été portée à l’écran par un film mêlant considérations biographiques et divertissement politique et sportif : God Save Justin Trudeau.
CP/Fred Chartrand
Lors de la campagne électorale de 2015, l’enthousiasme et la vision progressiste de Trudeau tranchaient avec l’attitude froide d’un Harper secret et contrôlant. L’optimisme dégagé par le jeune chef et son équipe, symbolisé par les « voies ensoleillées », a fait mouche. Ayant gagné grâce à…
Auteur: Anne-Marie Gingras, Professeure en science politique, Université du Québec à Montréal (UQAM)

