La décentralisation des médias
Au sortir de la guerre de 1939-1945, l’Allemagne vaincue fut divisée en quatre zones d’occupation par l’Union soviétique, les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France. L’organisation administrative du pays est prise en main par les puissances occupantes, notamment le contrôle des médias, jusqu‘en 1949 pour la presse, et jusqu’en 1955 pour la radio et la télévision.
Par opposition au centralisme nazi, c’est une structuration décentralisée qui est promue, un État fédéral composé de 16 régions, les Länder. La gestion des médias audiovisuels et le contrôle de leur concentration font ainsi partie des prérogatives régionales, ce qui fait une grande différence avec le système centralisé français. Surtout lorsque l’on constate que cette gestion et ce contrôle sont exercés avec une forte représentation de la société civile.
Par ailleurs, de longue tradition, il n’y a pas outre-Rhin de distinction, comme en France, entre presse quotidienne nationale et presse quotidienne régionale : tout y est régional. Même les grands journaux comme la West Deutsche Allgemeine Zeitung, la Frankfurter Allgemeine Zeitung ou la Süddeutsche Zeitung sont des journaux régionaux, comme le rappelle leur dénomination, fabriqués dans leur région, mais qui ont une audience nationale et sont commercialisés dans tout le pays. On les appelle « supra-régionaux ». Ainsi, c’est toujours à partir d’une forte implantation régionale que la plupart des grands groupes de presse se sont constitués, comparables en cela à des groupes français régionaux comme Ouest-France ou Sud Ouest, avant de se développer plus largement. Cet ancrage local explique en grande partie la résistance de la presse allemande à la crise des dernières décennies.
Indépendance des médias vis-à-vis des groupes industriels
L’accaparement des médias privés par des milliardaires dont l’activité principale se déploie…
Auteur: Florian Werle, Jean Pérès

