Licenciements
En 2009, suite à une concentration interne, 300 postes de rédacteurs sont supprimés au sein des journaux du groupe Funke, début d’une longue série. En 2012, le Frankfurter Rundschau et le Financial Times Deutschland, déficitaire depuis sa création, sont en liquidation, avec nombre de licenciements à la clé. En 2014, la plus longue grève du secteur des médias, 117 jours, du service client de Madsack s’est soldée par le licenciement des 90 salariés concernés. En 2020, le groupe Bauer licencie 140 salariés, le Süddeutsche Zeitung, 50 journalistes. En 2023, à la crise s’ajoutent les effets du Covid, Bild Zeitung décide de licencier 200 journalistes remplacés, dit-elle, par l’intelligence artificielle. La même année, Bertelsmann annonce la suppression de 700 emplois dans la presse. Toujours la même année, P7S1 supprime 400 emplois. Liste non exhaustive.
Indépendance et pluralisme
On imagine facilement que, dans un tel contexte, les journalistes ne font pas preuve d’une indépendance excessive et veillent plutôt à conserver leur emploi. Et ce d’autant plus que, malgré des syndicats puissants, ils sont écartés de la cogestion « à l’allemande » et n’ont pas leur mot à dire pour s’opposer aux vagues de licenciement. Ni d’ailleurs en matière éditoriale qui est l’apanage des directions.
En plus des licenciements, les concentrations produisent du conformisme pour ainsi dire structurel. Le processus d’homogénéisation des contenus, appelé par euphémisme « synergies » ou « mutualisation », et qui consiste à produire des articles à partir d’une rédaction centrale et à les diffuser à l’ensemble des journaux possédés par le groupe, peut prendre des dimensions alarmantes. Le dernier rapport de la KEK évoque ainsi « un exemple marquant de diffusion de contenu [ :] le RedaktionsNetzwerk Deutschland (RND) du groupe Madsack Media, qui fournit désormais du contenu national à plus…
Auteur: Jean Pérès

