Tout le week-end, les dirigeants du Rassemblement national (RN) clamaient encore l’innocence de Marine Le Pen et des 23 autres prévenus au procès des assistants parlementaires européens du Front national (FN). Avant de changer de nom en 2018, le FN n’avait-il pas fait du slogan « Mains propres, tête haute » son étendard ? Le jugement rendu ce lundi par la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris invalide définitivement cette autoproclamation.
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Sur la période de prévention qui couvre trois législatures entre juillet 2004 et le février 2016, les neuf députés européens poursuivis, dont Marine Le Pen, sont reconnus coupables de détournement de fonds publics dans des proportions inégales : 1 041 000 euros pour Bruno Gollnisch, 800 000 euros pour Fernand Le Rachinel (en un mandat seulement), 474 000 euros pour Marine Le Pen et un total de 378 000 euros pour les six eurodéputés élus pour la première fois en 2014, Louis Aliot, Marie-Christine Arnautu, Nicolas Bay, Marie-Christine Boutonnet, Dominique Bilde et Mylène Troszczynski.
« Un système pour alléger les charges du parti »
Si le tribunal a réévalué le préjudice subi par le Parlement européen à 2,9 millions d’euros de salaires et charges payés sous couvert de contrats fictifs, et non 4,3 millions d’euros estimés initialement, c’est en raison de l’absence au procès, qui s’est tenu du 30 septembre au 27 novembre, de Jean-Marie Le Pen dispensé de comparaître pour raison de santé. Cela vaut au RN, personne morale, d’être condamné pour recel à 2 millions d’euros d’amende, dont un million avec sursis. Une amende en deçà des réquisitions du parquet, le tribunal ayant tenu…
Auteur: Michel Soudais

