La conférence sociale sur les bas salaires acte les difficultés à négocier des hausses collectives dans les entreprises

Pressé d’agir pour soutenir le pouvoir d’achat des salariés dans un contexte d’inflation, le gouvernement a convoqué les partenaires sociaux pour une conférence sociale sur « les carrières et les branches situées sous le salaire minimum », ce lundi 16 octobre. Trois thèmes seront plus précisément abordés : les « minima conventionnels, les classifications et les déroulés de carrière », puis « les temps partiels et les contrats courts », et enfin « les exonérations de cotisations, primes d’activité et tassement des rémunérations ».

Cette conférence sur les bas salaires apparait toutefois comme un signe de la dévitalisation du rôle des branches dans la régulation du rapport salarial dans un nombre considérable de secteurs d’activité, où les salaires se déterminent en dehors de toute référence à sa convention collective. Elle est en cela aussi l’aboutissement d’une politique constante de ce gouvernement, et de ses prédécesseurs sur ces vingt dernières années, consistant, au moyen d’une multitude de réformes du « dialogue social », à donner la priorité aux négociations d’entreprise dans la construction des compromis salariaux.

Mais que cela signifie-t-il de négocier dans les entreprises quand les syndicats y sont de moins en moins présents (en 2021, seulement 11,2 % des entreprises de 10 salariés ou plus disposaient d’au moins un délégué syndical, représentant 57,5 % des salariés du champ), ou quand les moyens mis à disposition des élus du personnel ont été diminués par les ordonnances Travail de 2017 ?

La question de la réalité du dialogue social dans les entreprises, en fonction en particulier des contextes de marché des entreprises et des contextes de travail des salariés, est l’objet de notre ouvrage collectif Un compromis salarial en crise. Que reste-t-il à négocier dans les entreprises ? qui vient tout juste d’être publié aux Éditions du…

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Auteur: Camille Signoretto, Maître de conférences en économie, membre du LADYSS, Université Paris Cité