La constellation humaine derrière Gaia, le plus grand catalogue d’étoiles jamais réalisé

Vue d’artiste du satellite Gaia. ©ESA/DUCROS David, 2013, CC BY-SA

À l’heure du tout numérique, on pourrait croire que produire un catalogue de plus de deux milliards d’étoiles à partir de données satellitaires d’un télescope en orbite n’est qu’une simple prouesse algorithmique et informatique.

Pourtant, avant d’être artificielle, cette réalisation s’appuie avant tout sur l’intelligence profondément collective. Elle offre à un groupe de 430 personnes la capacité à faire converger leurs compétences, leurs cultures et leurs visions dans un but commun : Gaia, la mission de l’Agence spatiale européenne. C’est elle qui change alors un travail quotidien en une aventure humaine extraordinaire.


Gaia est une mission de l’Agence spatiale européenne (ESA) dont l’objectif est de produire le plus grand catalogue d’étoiles jamais réalisé : plus de 2 milliards de sources, mesurées avec une précision inédite en astronomie. Ces données permettent de cartographier notre galaxie, la Voie lactée, en trois dimensions. Entre le 25 juillet 2014 et le 15 janvier 2025, le satellite a réalisé 3 000 milliards d’observations.

Mais comment ce volume gigantesque de données brutes est-il transformé en un catalogue de données scientifiques de plusieurs téraoctets, exploitable par tous les astronomes, professionnels comme amateurs ?

La Voie lactée, notre galaxie, telle qu’on pourrait la voir par la tranche si nous nous placions à l’extérieur, grâce au catalogue d’étoiles Gaia.
ESA/Gaia/DPAC, Stefan Payne-Wardenaar, CC BY-SA

La réponse à cette question n’est pas (que) technique : le rouage essentiel à cette réalisation est en fait une chaîne humaine appelée le Data Processing & Analysis Consortium. Ce consortium est une communauté de 430 personnes de 24 nationalités différentes, majoritairement européennes. Riche…

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Auteur: Angélique Barbier, Cheffe de projet du centre de traitement des données Gaia au CNES, Centre national d’études spatiales (CNES)