Substance clé de la ruche, la cire agit aussi comme piège à polluants, ce qui pourrait menacer la santé des abeilles. Une expertise de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, ou Anses, montre que la quasi-totalité des cires présente des contaminations chimiques, avec des niveaux plus élevés dans les circuits commerciaux que chez les apiculteurs qui recyclent leur propre cire d’une année à l’autre.
On le sait : la pérennité des écosystèmes dépend de la santé des pollinisateurs. Les abeilles en sont les représentantes emblématiques, leur déclin suscite l’inquiétude de la société et de la communauté scientifique. En cause, l’évolution des paysages, l’usage de produits chimiques en agriculture et en apiculture, notamment antiparasitaires pour lutter contre l’acarien Varroa destructor.
Or, la cire produite par les abeilles, substance de nature lipophile (c’est-à-dire présentant une affinité chimique pour les graisses), fixe et diffuse les substances chimiques contaminantes. En ce sens, elle peut constituer un biomarqueur de la contamination environnementale de la colonie d’abeilles.
Les jeunes abeilles produisent naturellement de la cire, mais le coût énergétique de sa fabrication peut diminuer la quantité de miel produit. L’ajout de cire dans la ruche leur donne un coup de pouce précieux pour édifier les alvéoles. Pour cela, les apiculteurs disposent chaque année sur les cadres de la ruche des feuilles de cire gaufrée, qui servent alors de base aux abeilles ouvrières.

Auteur: Julie Chiron, Chef de projet évaluation des risques liés à la santé, l’alimentation et au bien-être des animaux, Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses)

