Le modèle de la coopérative semble à nouveau avoir le vent en poupe, notamment depuis la transformation de Duralex et son rachat par les employés.
Avec la crise économique des années 1970, les coopératives ont connu une nouvelle dynamique en reprenant des sociétés commerciales alors en difficultés. Après la manufacture de montres Lip dans les années 1970, ou bien Fralib, l’ancienne unité de production des thés et infusions Éléphant, devenue la SCOP Ti dans les années 2000, c’est au tour de Duralex de devenir une entreprise coopérative. Plus exactement, Duralex devient une société coopérative et de participation (SCOP), anciennement société coopérative ouvrière de production. L’entreprise est reprise par ses salariés qui en deviennent les propriétaires et les gestionnaires. Face à la faillite et à la perte d’emplois, le bonheur serait-il dans la SCOP ?
Les premières expérimentations de ce modèle remontent au milieu du XIXe siècle, lorsqu’un groupe de tisserands britanniques fondent les Équitables pionniers, à Rochdale. Cette nouvelle forme d’organisation fondera les principes de la coopérative. Au début du XXe siècle, outre le secteur agricole, les coopératives se sont aussi développées dans le secteur du bâtiment, de l’habitat, et même la banque en particulier avec les caisses du Crédit Mutuel et du Crédit Agricole.
De l’idéal coopératif…
La propriété collective des moyens de production, la gouvernance partagée et la solidarité font partie des socles fondamentaux du mouvement coopératif. Le secteur agricole fut le premier à innover en inventant des coopératives d’utilisation du matériel agricole (CUMA). La propriété collective des machines agricoles se traduit par un droit d’usage pour les coopérateurs qui, solidairement, s’entraident lors des travaux saisonniers.
Cette propriété collective des outils de production correspond à un mouvement de…
Auteur: Pascal Glémain, Maître de Conférences (hors classe) – HDR en Sciences de Gestion-Management, Université Rennes 2

