Aller à Dubaï, aux Émirats arabes unis, c’est entrer dans le monde de l’industrie pétrolière, de la bagnole triomphante, de la débauche énergétique. Notre journaliste raconte son arrivée dans la cité hôtesse de la COP28. Un reportage signé Valéry Laramée de Tannenberg dans Reporterre du 30 novembre 2023
Dubaï (Émirats arabes unis),
Après avoir pénétré l’espace aérien iranien, le bon gros A380 vire légèrement sur l’aile tribord. En douceur, le géant des airs se place sur l’axe qui le mènera à Dubaï. En attendant, le soleil s’écroule vers l’ouest.Le sol commence à se tapisser de myriades de lumières. Des villages et des villes pense-t-on. Curieusement, ces points lumineux apparaissent plus brillants et presque dansants. Ils percent sans peine le crépuscule, vous défiant presque à travers le hublot. Ce sont des torchères. De tout son long, le littoral iranien est illuminé par ces gigantesques flambeaux où les pétroliers consument le gaz qu’ils ont séparé du pétrole. Bienvenue dans les pays de l’or noir.À mesure que l’Airbus amorce sa descente, les torchères se font plus brillantes. En voilà même une sacrée équipe : nous survolons probablement la raffinerie de l’île de la perle perdue, la septième plus importante installation de ce type en Iran.
Concert de spots multicolores
Au-dessus du golfe arabo-persique, à quelques dizaines de milles nautiques de notre destination, une cinquantaine de navires de pêche sont en action. Vestiges de ce qui fut l’une des activités les plus prospères des Émirats arabes unis, ils illuminent de leurs lamparos les eaux noires, bien moins fertiles qu’avant l’exploitation du pétrole.Le gros porteur ralentit sa course. Et déjà apparaît Dubaï. Très vite, se dessinent les façades profilées des gratte-ciel. Contrastant avec la lumière vive et jaune de la mégapole, les nombreuses autoroutes urbaines (embouteillées en ce début de soirée) balafrent la…
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Auteur: Claude Morizur

