Belém (Brésil), correspondance
À chaque COP, la même rengaine. Le 21 novembre, jour officiel de clôture de la 30e conférence onusienne sur le climat, militants, observateurs et journalistes ont campé jusqu’au cœur de la nuit devant les bureaux de la présidence. À l’intérieur, les émissaires de différentes coalitions de pays y négociaient un accord depuis 17 heures à huis clos. Fin du suspense : ils n’ont pas réussi.
Faute d’informations, à peine un délégué sortait-il brièvement la tête de ces bureaux que toute une cohorte se précipitait vers lui, le bombardant de questions sur l’avancée des discussions. Ici et là, des personnes épuisées ont fini par s’asseoir ou s’allonger sur la moquette grise, utilisant leur sac à dos comme coussin. Un journaliste, lassé de rester planté comme un piquet, a demandé à son confrère de lui « craquer le dos » pour soulager ses douleurs musculaires.
Alors que le marteau du président devait s’abattre à 18 heures pour clore la COP30, les négociations ont pris — comme à leur habitude — un sacré retard. Elles ont non seulement été paralysées six heures durant, la veille, en raison de l’incendie ayant éclaté dans la zone des pavillons… mais les divisions se sont aussi intensifiées au fil des heures.
Bataille sur les fossiles
Le 21 novembre, à 3 heures du matin, la présidence a dévoilé un deuxième brouillon de texte censé favoriser le consensus. Échec total : celui-ci a au contraire cristallisé les tensions. Et pour cause, cette ébauche d’accord excluait toute mention de « feuilles de route » tant espérées sur la sortie des énergies fossiles et de la déforestation. Ce, alors même que le président brésilien Lula avait plaidé pour leur adoption.
Remplie de colère, la ministre colombienne Irene Velez a quitté — une heure avant ses homologues — une plénière à huis clos tenue le même jour à l’aube : « Nous ne…
Auteur: Paula Gosselin

