Installée depuis septembre 2023 en Éthiopie, après avoir travaillé plusieurs années au Soudan, notre correspondante Augustine Passilly a dû quitter précipitamment le pays, après s’être vu retirer son accréditation et son titre de séjour le 8 juin. Une expulsion en bonne et due forme, même si le mot n’a pas été prononcé par les autorités d’Addis-Abeba. Notre correspondante a été sanctionnée pour avoir fait son travail, qui plus est sans enfreindre la moindre règle.
L’origine de cette décision brutale est clairement liée au reportage que venait d’effectuer notre correspondante au Tigré. Augustine Passilly s’est rendue sur place, du 3 au 6 juin, pour rendre compte du regain de tensions que connaît cette région très instable du nord du pays, où un conflit extrêmement meurtrier avec les forces fédérales a fait plusieurs centaines de milliers de morts entre 2020 et 2022. Sur place, comme notre journaliste le raconte dans les reportages publiés par La Croix, la population s’alarme du risque d’une nouvelle guerre et dénonce des recrutements forcés de jeunes hommes.
À son retour, Augustine Passilly a été convoquée par l’Autorité éthiopienne des médias, qui lui a reproché de s’être rendue au Tigré. En Éthiopie, les correspondants étrangers dûment accrédités n’ont pas besoin d’autorisation pour se déplacer à l’extérieur d’Addis-Abeba, la carte de presse éthiopienne suffit. En outre, aucune consigne s’opposant aux reportages dans cette région n’a été communiquée aux journalistes sur place. La Croix dénonce cette décision arbitraire des autorités éthiopiennes qui viole le principe de la liberté de la presse.
Auteur: La Croix

