La coupe du monde jusqu'à la lie

Une semaine s’est écoulée depuis le coup d’envoi du premier match de la coupe du monde de football organisée au Qatar. Lundi dernier, nous partagions un texte d’analyse et un clip vidéo décortiquant les multiples scandales (sociaux, politiques, esthétiques) qui structurent la dernière édition de ce qui s’impose, tous les quatre ans, comme un évènement sportif et médiatique incontournable.

Ce lundi, « Le flâneur » nous propose de mettre à jour nos catégories d’analyse, et de voir dans la coupe du monde de 2022 une expérience absolue de mise à distance pour le téléspectateur, où ce qui s’inscrit à l’écran, dans « un environnement aussi propre que la morgue », ne traverse peut être plus grand monde.

L’irréalité, la grande danseuse des Temps modernes, se voit dérouler à chaque instant un boulevard devant elle, infini, sans contours ni limites.

« Assister à un match de coupe du monde », c’est-à-dire pour quelques milliards de spectateurs mater le match à la télé, sur l’écran le plus large possible, dans le home-cinéma ou dans un rade ou dans l’entreprise, ou en extérieur quand le temps s’y prête, voilà la proie abandonnée pour l’ombre la plus pâle, la plus déformée, l’illusion des spectres bouillant dans la marmite à potage du Cuistot central de l’Enfer cathodique.

On se délecte de la séparation, de la distance, du confort de l’évènement vécu chez soi entre soi ou entre potes, on se torche la gueule à qui mieux mieux ou l’on savoure un thé d’esthète du foot dans son salon, mais dans tous les cas, dans ces cas-là, si massivement majoritaires, la réalité des matchs, où qu’ils se déroulent, au Qatar ou au Luxembourg (là-bas jamais, presqu’une farce de l’y imaginer), est anéantie. ON n’assiste pas à un match de foot, « en live », en chair et en os parmi des êtres de chair et d’os et les clameurs, les cris, les silences de suspens, les beuglements des supporters, les bastons en fin ou en cours de match (celles-ci découragent peut-être plus encore ? « y aller pour me faire péter la gueule, c’est pas la peine ! »). Non, ON n’assiste à rien d’autre qu’à ce que les caméras de télé veulent bien retransmettre du match, c’est-à-dire à une doublure savamment orchestrée, filmée dans le détail de ses actions majeures, sélectionnées par un art particulier de l’Oeil expert et trompeur, qui recompose le match à sa dé-mesure, à son cadre, sous les vociférations des commentateurs canins.

Voilà ce qu’ON nous…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: lundimatin

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