La Cour de cassation a rejeté, ce mercredi 30 septembre, le pourvoi de Rexhino « Gino » Abazaj, confirmant ainsi la décision de la cour d’appel de Paris qui avait autorisé, le 19 août dernier, sa remise aux autorités allemandes dans le cadre d’un mandat d’arrêt européen.
Ce militant antifasciste albanais, victime d’une chasse à l’homme lancée par Viktor Orban, peut donc désormais être extradé vers l’Allemagne, qui le réclame pour des « violences » commises à Budapest en février 2023 contre des participants à un rassemblement néonazi.
En avril 2025, la cour d’appel de Paris avait refusé d’exécuter un mandat d’arrêt européen émis directement par la Hongrie contre Gino. Les magistrats avaient notamment relevé un risque de « traitement inhumain et dégradant » en détention ainsi que l’absence de garanties suffisantes concernant son droit à un procès équitable en Hongrie. La cour s’était notamment appuyée sur les critiques européennes concernant l’indépendance du système judiciaire hongrois.
L’Allemagne a ensuite réclamé à son tour Gino dans le cadre d’un autre mandat d’arrêt européen. Devant la cour d’appel, ses avocats avaient alerté sur le risque qu’une remise à Berlin ne constitue qu’une première étape avant un éventuel transfert vers Budapest. « Si la France le remet à l’Allemagne, est-ce que la Hongrie ne va pas le réclamer pour qu’il exécute sa peine là-bas ? », avait notamment interrogé Me Laurent Pasquet-Marinacce.
Un précédent inquiète particulièrement
Les nombreux soutiens de Gino s’appuient notamment sur le cas de Maja T., militante antifasciste allemande poursuivie dans la même affaire. Le 28 juin 2024, l’Allemagne avait remis Maja T. aux autorités hongroises quelques heures seulement après que la justice berlinoise eut autorisé son transfert. En février 2025, la Cour constitutionnelle fédérale allemande a finalement jugé cette extradition…
Auteur: Le Média
