La France va devoir donner un coup d’accélérateur pour tenir ses objectifs écologiques, alerte la Cour des comptes dans son rapport annuel sur la transition écologique, présenté le 7 octobre. Selon ses calculs, 161 milliards d’euros d’investissements seront nécessaires d’ici 2030, soit une progression de 12 % par an, alors que le rythme actuel n’est que de 5 %. L’essentiel de cet effort devra venir du secteur privé.
« Dans un contexte budgétaire contraint, l’effort d’investissement public additionnel nécessaire pour atteindre nos objectifs n’est pas inatteignable, du moment que nous sommes prêts à faire des choix », a déclaré Amélie de Montchalin, première présidente de la Cour des comptes, alors que les débats sur le projet de loi de finances pour 2027 débutent le 7 octobre en commission des finances.
La juridiction financière juge la stratégie pluriannuelle des financements de la transition écologique (Spafte) encore largement insuffisante. Cette dernière fixe un objectif pour 2030 sans détailler suffisamment les étapes pour l’atteindre et ne couvre que partiellement les différents volets de la transition. « Rien sur l’adaptation, quand même une grosse limite. Et en fait très peu de choses […] sur la biodiversité, […] l’eau ou l’économie circulaire », a regretté Éric Allain, conseiller maître à la Cour des comptes et rapporteur du texte.
Le coût de l’inaction
Autre angle mort : le coût de l’adaptation au changement climatique. Les magistrats financiers estiment ne pas être aujourd’hui en mesure de mesurer les progrès accomplis dans ce domaine. Pour les infrastructures, ils appellent à rendre explicites les choix entre investissement massif et acceptation d’une dégradation des services.
Éric Allain a pris l’exemple du train : « Si demain nous avons un réseau ferroviaire qui, du fait de la chaleur extrême, de la dilatation des rails et des…
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