Uyuni (Bolivie), reportage
Dans le sud de la Bolivie, la ville d’Uyuni et ses alentours ont des airs d’Arrakis, la planète désertique imaginée par Frank Herbert dans le roman de science-fiction Dune. Le climat y est particulièrement aride, la végétation rare et l’eau une ressource précieuse. Ici, pas de sable, mais du sel : 10 000 km2 d’immensité salée qui forment le salar d’Uyuni, le plus grand désert de sel de la planète.
Et à la place de l’épice, ressource la plus précieuse de l’univers d’Herbert, on trouve du lithium : 21 millions de tonnes, les réserves les plus importantes au monde de ce métal notamment utilisé pour la fabrication de batteries.
Les rivières et étendues d’eau étant rares et souvent impropres à la consommation humaine. Les populations locales dépendent d’eaux souterraines pour survivre. « Nous vivons principalement de l’élevage de lamas et de la culture du quinoa, explique Ivan Calcina, secrétaire général de la Centrale unique provinciale des communautés originaires de Nor Lipez (Cupconl), au sud du désert de sel. Mais c’est une vie très dure, car il y a très peu d’eau. » Ces maigres réserves sont en plus menacées par l’appétit de l’État bolivien pour le lithium qui se trouve sous le salar d’Uyuni.
Le projet bolivien autour du lithium remonte à 2008, quand le gouvernement d’Evo Morales (président de 2006 à 2019) a annoncé sa volonté d’exploiter les gigantesques ressources nationales. Le projet était ambitieux et se voulait 100 % souverain. Il ne s’agissait pas juste d’extraire le métal du salar, mais de développer toute une chaîne de production allant jusqu’à la confection de batteries locales.
Apport d’entreprises étrangères
Dix-sept ans plus tard, ce projet est un échec : en 2024, Yacimientos de Litio Bolivianos (YLB) l’entreprise publique chargée du lithium, n’a produit que 2 000 tonnes de carbonate de lithium,
Auteur: Nils Sabin, Sara Aliaga

