Si le secteur minier est un enjeu stratégique international depuis le début du siècle, le secteur du transport est en train de le devenir. Pourtant, ces deux secteurs sont indissociables. Les compagnies minières ont besoin d’un système de transport fiable et efficace pour exporter leur production.
Construits pour certains dès l’époque coloniale, en même temps que les premières mines, les corridors de transport d’Afrique australe ont connu depuis la fin du XXe siècle, un développement frénétique. Depuis plus de 25 ans, les anciens corridors ont été rénovés, de nouveaux ont été bâtis et de futurs corridors sont à l’étude. Malgré un succès apparent, la politique de corridorisation de l’Afrique australe est loin d’avoir atteint ses objectifs d’intégration régionale et de développement local.
Mes recherches au cours des vingt dernières années ont couvert plusieurs domaines en Afrique, dont les liens entre ressources minières, conflits et pouvoir. Dans une récente étude, j’analyse la forte dépendance des corridors d’Afrique australe au secteur minier et les limites de leurs retombées en matière de développement.
Les corridors ferroviaires
Dès la fin du XIXe siècle, les pouvoirs coloniaux ont construit des corridors afin d’ouvrir l’intérieur du continent. Le modèle dominant était le corridor ferro-portuaire. Une voie ferrée conduisait à un port afin de permettre d’importer des biens nécessaires au développement de la colonie et d’exporter ce que la colonie produisait (minerais, produits agricoles).
À cette époque, le port était plutôt le début que la fin de la ligne ferroviaire et le corridor avait à la fois un objectif d’ouverture et d’exploitation de l’hinterland africain. La Transvaalienne, qui dès la fin du XIXe siècle reliait le port portugais de Lourenço Marques (aujourd’hui Maputo, au Mozambique) à Pretoria, correspondait à ce modèle.
Il en allait de même du corridor…
Auteur: Thierry Vircoulon, Chercheur associé au Centre Afrique de l’Institut Français des Relations Internationales, membre du Groupe de Recherche sur l’Eugénisme et le Racisme, Université Paris Cité
