Belém (Brésil), correspondance
Les négociateurs de la COP30 ont tenté un sacré coup de poker, mais celui-ci a clairement échoué. Le 17 novembre, face à l’escalade des critiques quant à la stagnation des débats, le président du grand raout climatique, André Corrêa do Lago, a choisi de convoquer un mutirão. Issu du dialecte indigène tupi, ce mot appelle à la mobilisation collective pour accomplir ensemble une tâche. Et celle-ci était de taille : sauver le multilatéralisme climatique, plus fragilisé que jamais auparavant.
Sur le papier, l’objectif était simple : parvenir à un accord anticipé, dès le 19 novembre au soir, pour s’assurer une fin de COP plus tranquille. Parmi les trois grands points de crispation exclus de l’ordre du jour officiel de la conférence, et ainsi débattus de manière informelle, figurent notamment le financement de la transition écologique des pays en développement par les pays occidentaux, et la sortie des énergies fossiles. Pourtant, après 72 heures d’âpres négociations, aucun consensus n’a émergé et la COP30 semble filer droit vers d’interminables prolongations.
Incapables de trouver un accord
Rembobinons. Le 17 novembre, à la suite de l’appel de la présidence, la COP a vu un regain de dynamisme. Les réunions se sont multipliées et les allées et venues des délégations se sont intensifiées dans les couloirs du vaste hangar où se tient la conférence. Le secrétariat de l’ONU a même prolongé les horaires de travail pour permettre aux négociateurs de poursuivre leurs discussions tard dans la nuit. Les petits kiosques vendant des sandwichs, des unhas de carangueijo (pattes de crabe), du pão de queijo (pains au fromage), des glaces et des jus de cupuaçu ou d’açaí sont restés ouverts jusqu’à minuit pour ravitailler les équipes.
Las, l’enthousiasme est vite retombé. Les pays sont restés sur leurs positions, incapables de trouver un accord avant la…
Auteur: Paula Gosselin

