Gabriel Amard, conseiller régional Auvergne Rhône-Alpes, candidat de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes) aux élections législatives à Villeurbanne, dans le département du Rhône.
Le cycle de l’eau est particulièrement affecté par le réchauffement climatique : en France, 62 épisodes de sécheresse ont été recensés entre 1991 et 2015, contre 13 entre 1964 et 1990. Ils affectent les récoltes, la capacité de refroidissement des centrales nucléaires et l’alimentation en eau potable continue des populations. Dans le même temps, les inondations deviennent plus virulentes. Depuis les années 1970, 44 % des catastrophes naturelles dans le monde ont eu un lien avec les inondations. La crise de l’eau, c’est aussi une gestion défaillante qui prive 2 milliards de personnes dans le monde d’avoir accès à une eau potable gérée en toute sécurité – 490 300 personnes rien qu’en France hexagonale, et des dizaines de milliers dans les Outre-mer. L’accès à l’eau devient donc un enjeu politique majeur de notre temps. Or nous assistons à une offensive des défenseurs du marché pour s’emparer de la ressource : introduction de l’eau en bourse aux États-Unis et en Australie, fusions de géants de la gestion déléguée (Veolia et Suez).
Il faut donc agir. L’ampleur des dégâts requiert d’organiser une politique globale qui engage à la fois des actions de court terme et planifie et déploie une stratégie de long terme débarrassée des intérêts capitalistiques, pour refonder la politique de l’eau sur de nouvelles bases.
À court terme, nous devons réduire au maximum les sources de gaspillage, être prêts à parer au manque d’eau. Par exemple, il faudra rapidement interdire les bassines de stockage d’eau [dites mégabassines] et suspendre celles en construction — à rebours des promesses du gouvernement actuel — car elles sont une mauvaise réponse aux problèmes d’approvisionnement des agriculteurs. Assurant une irrigation à profusion, elles participent du maintien d’une agriculture productiviste et incitent au gaspillage de l’eau. Un accompagnement des agriculteurs dans la durée est aussi indispensable pour les aider à changer de modèle. De même, les industriels des eaux en bouteille puisent toujours plus d’eau, y compris en période de sécheresse. Il faut encadrer fermement ces pratiques. Pour éviter une nouvelle crise sanitaire due à la canicule probable, des mesures d’urgence ne peuvent être écartées en cas de pénurie d’eau. La distribution de…
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Auteur: Reporterre

