Les difficultés pour trouver un appartement à louer à Paris risquent d’empirer en 2025, à cause des déboires de la politique de rénovation thermique des bâtiments. C’est le cri d’alarme que pousse dans Reporterre le maire adjoint au logement de la capitale, Jacques Baudrier : en 2025, le nombre de logements retirés du parc locatif pour être laissés vides ou transformés en résidence secondaire devrait doubler, passant de 8 000 à 15 000, selon les calculs de la municipalité.
Paris comptait déjà 290 000 logements inoccupés en 2024, soit 19 % du parc locatif (9 % de logements vacants et 10 % de résidences secondaires selon l’Apur). Un problème déjà existant pour les locataires, donc, mais que risquent de sévèrement accentuer les errements de MaPrimeRénov’, déjà mis au-devant de l’actualité lundi 12 mai par un collectif d’artisans qui manifestait contre ses nombreux retards et irrégularités.
Un enjeu énergétique crucial
Le programme national de rénovation, lancé en 2020, est un enjeu crucial de la transition énergétique : 16 % des émissions de gaz à effet de serre de la France et 45 % de sa consommation finale d’énergie proviennent des bâtiments. Depuis le 1er janvier 2025, un volet coercitif s’est ajouté aux aides financières déjà existantes : les propriétaires des passoires thermiques — les logements classés G lors du diagnostic de performance énergétique — n’ont plus le droit de les mettre en location, y compris en meublés touristiques. Interdiction qui sera étendue à ceux classés F en 2028.
Cette politique de la carotte et du bâton a stimulé la demande de rénovation de manière spectaculaire. L’Agence nationale de l’habitat (Anah) a constaté fin avril « un début d’année record » sur le front des rénovations globales, « avec trois fois plus d’aides accordées au premier trimestre 2025 qu’au premier trimestre 2024 ».
Effondrement…
Auteur: Erwan Manac’h

