« La crise politique est plus inquiétante pour l’économie française que la crise budgétaire seule »

Mardi 15 juillet, le premier ministre François Bayrou a annoncé son plan pour réduire les dépenses publiques et stabiliser la dette. Cela doit se faire sans augmentation d’impôts, même s’il pourrait y avoir « des efforts particuliers », a indiqué le premier ministre.

Nous avons demandé à Mathieu Plane, économiste à l’OFCE, d’analyser la situation et les mesures envisagées. Au-delà de la situation financière de la France, la situation politique doit être étudiée de près car elle pourrait enclencher une crise financière pourtant évitable. Parmi les questions abordées, le chercheur évoque l’impact des mesures annoncées sur les plus fragiles ou sur les aides aux entreprises.


The Conversation : Le premier ministre a annoncé préparer un plan d’économies budgétaires pour réduire le déficit. Le montant de ce plan sera de plus de 40 milliards. Mais d’où vient ce chiffre ? À quoi correspond-il ?

Mathieu Plane : En adhérant à l’Union européenne, la France s’est engagée à respecter certaines règles. Ainsi, le déficit public doit baisser conformément à la trajectoire voulue par la Commission européenne. Pourtant, ces 40 milliards – soit 1,3 % du PIB – représentent davantage que ce demande la Commission, soit 0,7 point de PIB.

Ceci rappelé, ce ne sont pas vraiment 40 milliards d’ajustements structurels. Un quart, soit 10 milliards, correspond à la compensation des mesures exceptionnelles prises en 2025 pour un an (la contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises et les hauts revenus). Donc, pour stabiliser le déficit à son niveau actuel, il faut commencer par trouver dix milliards de baisses de dépenses. Il « reste » 30 milliards d’efforts budgétaires, soit 1 point de PIB.

Sur ce point, il y a un débat qui monte, qui peut sembler technique, mais qui est très concret. Quand vous voulez réduire un déficit, vous avez deux leviers : baisser les dépenses publiques…

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Auteur: Mathieu Plane, Economiste – Directeur adjoint au Département Analyse et Prévision OFCE, Sciences Po