Les analyses des résultats des élections américaines, quand elles sont en provenance de l’extrême gauche, ne sont pas très originales et rejoignent d’ailleurs parfois les interprétations avancées par des journalistes ou politologues indépendants : pas de programme clair chez les démocrates, discours ultra urbain en direction des classes moyennes supérieures, abandon des couches populaires et mépris de classe, adresse aux « communautés » comme si elles étaient homogènes, l’approche erronée de la place de femmes, qui prend tout simplement le contrepied de leur image traditionnelle avec en plus une erreur d’appréciation sur l’importance des « droits reproductifs » dans la campagne électorale, etc. Ces analyses ne sont pas fausses pour autant, mais ce n’est pas là, la question ou le problème.
En effet, on est relativement nombreux et dans nombre de pays, à avoir fait la remarque critique d’un abandon de la question sociale au profit de questions sociétales, de la part des pouvoirs en place, mais aussi de la gauche et pas seulement de la gauche dite de gouvernement, puisque l’extrême-gauche a introduit le genre, la race, la préférence sexuelle comme politique, la mise en avant des minorités à la place de la majorité, la lutte contre les discriminations à la place de la lutte contre les inégalités, dans les problématiques actuelles.
Mais parmi les commentateurs d’extrême-gauche, il y en a un bon nombre là aussi qui posent cela en termes de choix stratégique et politique comme s’il y avait juste à bien cibler les sujets et les électeurs (c’est, par exemple, la stratégie de Rufin). Un choix franchement électoraliste, parce que cela reviendrait à un échange standard de la même stratégie en direction du « peuple » qu’il s’agirait seulement de toucher. Or, il ne s’agit plus de « conscientiser » des masses incultes pour les « éclairer » à l’énergie renouvelable et propre…
Auteur: dev

