Au pays de Charlie, la liberté d’expression est décidément à géométrie très variable. D’un côté, les discours contestataires ou tout simplement satiriques sont censurés et réprimés, de l’autre, la parole raciste, autoritaire et rétrograde est autorisée et même valorisée.
Permis de rire refusé en Bretagne
Auray, ville paisible de Morbihan, peuplée de 14.000 habitants. La municipalité jusqu’ici écologiste vient de passer à droite, et la nouvelle maire est partie en guerre contre la satire. L’émission La Dernière sur Radio Nova, qui cartonne avec des sketch animés par Guillaume Meurice, Juliette Arnaud, Pierre-Emmanuel Barré, Aymeric Lompret, Akim Omiri ou Audrey Vernon veut organiser une série d’émissions en direct et en plein air au mois de juin, dans plusieurs communes de France. Et parmi elles, la ville d’Auray. L’émission ne ménage pas le gouvernement, critique les violences policières, tape sur l’extrême droite et ne mâche pas ses mots contre le colonialisme, et tout ça avec humour. C’est un petit ovni dans l’univers médiatique national, et c’est justement pour cela que l’émission fonctionne aussi bien. Dans un océan d’extrême droite, il y a une vraie attente populaire pour d’autres idées.
Pas question de laisser passer pour Françoise Naël, la maire d’Auray. Elle est même prête à jeter l’argent par les fenêtres pour empêcher l’enregistrement : alors que l’évènement devait couter 5.000 euros, son annulation se chiffre à 10.000 euros, une compensation contractuelle auprès de Radio Nova, qui avait déjà fait les repérages et calé la date. L’opposition salue ironiquement «une performance budgétaire assez rare : réussir à dépenser deux fois plus pour ne rien faire» et dénonce un choix «incompréhensible, injustifiable et profondément inquiétant».
La maire patauge dans le ridicule, et réfute désormais toute censure. Elle met en avant…
Auteur: B

