J’ai hésité avant d’écrire ce texte. Car l’heure est, dit-on, à l’unité antifasciste, et ça passe mal de critiquer le travail que d’autres font. Il faudrait plutôt lutter contre l’ennemi. Mais l’un n’empêche pas l’autre. Et pour lutter contre, il faut qu’on soit capable de se formuler des critiques les un⋅es les autres, tout en saluant les actions menées. En plus, ce sticker est un des seuls à être distribué en nombre suffisant pour être aperçu un peu partout en ville et recouvrir les stickers de faf. Parce que nettoyer les murs sans rien recoller derrière, c’est sûrement l’action antifa la plus triste qui soit, j’en ai moi même collé et j’étais bien content d’en avoir à ce moment là. Et en plus de tout ça, le sticker est sérigraphié directement dans la manif, ce qui est quand même le zénith du cool !
Mais je dois le dire, ce slogan m’énerve vraiment. J’ai peur qu’il soit contre-productif et qu’il défende une vision du monde qui n’est pas la mienne car il reproduit de la violence de classe. J’écris donc ce texte dans l’espoir que toute cette belle énergie prenne un contenu différent.
Une sérigraphie en direct d’une manif (aka le zénith du cool) trouvée sur la page instagram de l’Atelier Populaire de Besançon. Le logo de l’article vient aussi de cette page insta
1- La culture tue la fascisme
La culture est un mot très vague, et je ne sais pas très bien ce que ça veut dire. Ici, je comprends qu’avoir de la culture est un rempart contre le fascisme. Mais j’ai du mal à savoir comment avoir lu Céline, écouté Wagner et contemplé l’architecture du Corbusier est en soi une pratique antifasciste puisque ces artistes sont eux-mêmes fascistes ou que leur œuvres ont fascinées les fascistes. Dans sa version italienne, le fascisme a d’ailleurs très bien su intégrer tout un pan des avant-gardes artistiques, comme le futurisme, à son…
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