La pratique du football par les filles est devenue en France un fait presque banal et l’équipe nationale une sélection qui n’est pas inconnue du grand public. Lors de la 9e édition de la Coupe du Monde de football 2023, l’équipe de France espère bien figurer.
Mais cette sélection française a-t-elle été placée dans les conditions optimales pour performer lors de ce Mondial austral ? En d’autres termes, le Championnat de France de Division 1 Arkema (du nom du sponsor officiel depuis 2019) a-t-il préparé au mieux les footballeuses françaises à une éventuelle réussite ? Et, plus encore, les joueuses ont-elles bénéficié, cette année comme depuis leurs débuts dans le football amateur, de moyens susceptibles de les transformer en compétitrices avides de victoire ?
Des critiques récurrentes
En réalité, le tableau du football féminin en France est loin d’être idyllique. Pour ne s’en tenir qu’à l’élite, seuls trois clubs – l’Olympique lyonnais, le Paris Saint-Germain et à un degré moindre Montpellier – ont les moyens d’offrir un statut professionnel à leurs joueuses.
Dans les neuf autres équipes que compte la Division 1, ce sont des contrats fédéraux qui sont proposés aux joueuses : ces dernières sont des salariées au sens strict du droit du travail, mais les contrats qu’elles signent ne sont pas suffisants pour subvenir à leurs besoins. Dans la moitié des équipes de Division 1, le salaire mensuel moyen brut est inférieur à 2 000 euros, loin de la moyenne de 100 000 euros bruts mensuels enregistrés par leurs homologues masculins du championnat de Ligue 1. La plupart des joueuses sont obligées d’occuper un autre emploi ou de poursuivre leurs études en même temps, voire d’arrêter leur pratique dans l’élite.
Ces disparités, mais également le manque de considération dont fait preuve la Fédération française de football (FFF) pour le football féminin, ont occasionné des…
La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Laurent Grün, Enseignant-chercheur, Université de Lorraine

