La dangereuse dérive vers l’État sécuritaire

La conception et le rôle de l’État dans nos sociétés n’ont cessé d’évoluer. On assiste en ce début de XXIe siècle à une inversion de l’histoire marquée par une dislocation de l’État et de ses fonctions, l’accent étant mis de plus en plus sur les fonctions sécuritaires.

La sécurité est au principe même de l’institution de l’État. C’est la première des fonctions régaliennes, que l’on estime en général au nombre de quatre : assurer la sécurité extérieure du pays par la diplomatie et la défense ; assurer la sécurité intérieure et l’ordre public avec, notamment, les forces de police ; définir le droit et rendre la justice ; émettre de la monnaie.


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La construction des États modernes a résulté de deux étapes. En premier lieu, à la suite de la Révolution française et de la Déclaration des droits humains, ce fut l’émergence de l’État de droit, qui garantit que les autorités publiques agissent toujours dans les limites fixées par la loi, conformément aux valeurs de la démocratie et aux droits fondamentaux, et sous le contrôle de juridictions indépendantes et impartiales. En second lieu, au milieu du XXe siècle, a été mis en place l’État providence, qui s’engage à assurer une sécurité économique de base à ses citoyen·nes en les protégeant des risques liés à la vieillesse, au chômage, aux accidents de travail et à la maladie.

Le début du XXIe siècle est marqué par une remise en cause de cette conception de l’État. La priorité est donnée aux fonctions sécuritaires, au détriment des droits humains fondamentaux et de l’État de droit, ainsi que du rôle protecteur de l’État social.

Dislocation

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Auteur: Dominique Plihon

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