Parmi les faibles on y croit encore
A l’essor du simple échange, au dessein du geste pur.
Belle Époque
J’ai commencé à le sentir dans ma chair, quand j’ai regardé à l’extérieur et que je me suis rendu compte que je n’étais plus capable de percevoir la beauté. J’ai eu l’impression d’être un animal abandonné, un bâtard.
Ça ne m’était jamais arrivé.
J’ai toujours été passionné par le paysage des lumières des voitures traversant le jour brumeux, à travers la fenêtre du véhicule qui me transportait.
Je me suis toujours senti béni en contemplant la vie humaine. J’admirais comment elle se battait pour aller au mieux et pour être en harmonie avec nos réalités multiples.
J’ai toujours essayé de prendre soin des autres.
Assez longtemps pour devenir un véritable aide-soignant.
D’autres personnes, qui sont encore en vie, pourront vous parler de mes soins, de mon attention, de mon amour.
Quelques autres, en fait.
Car je n’ai plus de mère, ni de père, ni de grand-mère, ni de grand-père, ni de tantes ou oncles éloignés. Rien qui ressemblerait à ce sentiment d’attendre un coup de fil d’un parent, me demandant comment va la vie, qu’est-ce que je fais, ou comment je me porte.
Aucun portrait de famille sur aucun mur de maison ancienne et douillette ne figure mon visage.
Personne ne viendra pour me ramener chez moi, je le sais.
Mais mes cheveux gris, qui continuent de pousser, me disent que ce n’est pas très grave.
Et pourtant, j’ai eu le courage d’immigrer dans ce pays,
Le Portugal.
L’assassin de ma terre.
Le violeur de ma terre.
Le maléfique et infaillible prédateur.
Je me demande que diable se passait-il dans ma tête.
C’était sans doute le désespoir.
Le désespoir et la solitude.
J’ai passé 30 ans de ma vie à endurer la xénophobie dans mon propre pays. Au Brésil, invectives et blagues racistes, contre ceux qui sont nés où je suis né, foisonnent. On ne met pas le peuple du Nord-Ouest ou les Nordestinos sur le même…
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Auteur: dev

