Lorsque nous parlons de « Poutine », nous ne devons pas penser à un individu isolé, mais plutôt à un phénomène historique qui a surgi après l’échec de la tentative de réforme d’Eltsine.
Durant cette période, la Russie a subi un effondrement démographique et économique ; ses vastes ressources sont tombées entre les mains de quelques oligarques, la criminalité et la mafia régnaient en maîtresses, et le pays se trouvait au bord d’une désintégration encore plus dévastatrice après la dissolution de l’URSS.
C’est ainsi qu’est né « Poutine » : non seulement une personne, mais un projet qui englobait deux objectifs stratégiques fondamentaux devant être poursuivis simultanément :
Protéger l’intégrité et la souveraineté de la Russie face aux forces de désintégration internes et externes ;
Intégrer la Russie à l’Europe.
En mars 2000, Poutine est même allé jusqu’à envisager la possibilité que la Russie adhère à l’OTAN. La raison de ces rapprochements était évidente : l’adhésion à l’OTAN servirait de garantie contre la désintégration du pays. Elle assurerait que les nations historiquement hostiles à la Russie – principalement le Royaume-Uni –, en devenant des alliées, n’aient aucun intérêt à favoriser l’instabilité et, au contraire, soutiennent l’intégrité territoriale russe.
Cependant, cela n’a pas abouti. À l’époque, l’Occident semblait exercer une domination globale absolue ; les États-Unis semblaient n’avoir besoin de personne, et la Chine était perçue comme une puissance relativement inoffensive : peu plus qu’un lieu où extraire de la plus-value.
Inévitablement, cela a obligé la Russie à sauvegarder son intégrité territoriale par ses propres moyens, consciente qu’elle ferait face à des défis externes constants.
Néanmoins, Poutine – ou plutôt, le projet « Poutine » – n’a pas abandonné ; l’objectif restait de progresser sur les…
Auteur: Vincenzo COSTA

