L’accroissement de la crise écologique fait que la question de l’exploitation de la nature est de plus en plus présent dans les rangs des manifestant·es et dans les consciences collectives. Dès lors, l’enjeu est de faire en sorte que la mobilisation contre le projet d’Emmanuel Macron soit une lutte écologiste et sociale, au nom de la double dimension d’un même impératif antiproductiviste, la défense des travailleur·ses et la défense du vivant.
On trouvera ci-dessous quelques arguments pour avancer dans cette voie.
Le dogme du gouvernement tient au fait de ne pas augmenter la part des richesses dédiées aux pensions, soit un taux qui a été fixé arbitrairement à 14% du PIB. Or, la part de retraité·es augmentant dans la population, si on maintient un niveau de pensions acceptable, cette part doit augmenter. En refusant toute augmentation de ce qui doit financer les pensions, le gouvernement n’a que deux options : soit baisser le niveau des pensions, soit augmenter le PIB, ou un peu de deux.
Autrement dit, entre fin du monde et fin du mois, il faut choisir. La croissance économique devient alors une variable pour maintenir le niveau des pensions. Or, on sait ce que l’obsession de la croissance économique et donc de la production de biens a provoqué au cours du 20e siècle et jusqu’à aujourd’hui de dégâts écologiques, ce qu’a encore souligné le « GIEC de la biodiversité » (IPBES) en 2022.
Cette orientation tourne le dos à toute perspective de sobriété et de diminution des prélèvements et des dégradations des ressources naturelles. Le logiciel du gouvernement reste enfermé dans une logique productiviste où l’augmentation du travail marchandisé reste un objectif majeur, alors qu’il est urgent d’aller vers une diminution du temps de travail et de repenser le rapport au travail dans le contexte de crise climatique.
Un des arguments du gouvernement est qu’il faut faire des économies sur les retraites pour investir dans des projets d’utilité publique, notamment la transition écologique. Or toute la politique d’Emmanuel Macron montre que les investissements en vue de préserver les écosystèmes et de favoriser la bifurcation écologique sont largement insuffisants. Par exemple, le plan de relance de 2020 a surtout consisté à un soutien aux entreprises, y compris les plus grosses qui n’ont pas toutes des problèmes de trésorerie, avec 20 milliards, un cinquième du plan, qui ont été consacrés à la réduction des « impôts de production », vieille demande du MEDEF.
Cette…
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Auteur: Attac France, Vincent Gay

