Fini de se déchirer. Après deux semaines de négociations et d’incessantes disputes autour du choix d’un Premier ministre, le Nouveau Font populaire semble avoir adopté une nouvelle stratégie plus heureuse : la défense des services publics. En sélectionnant Lucie Castets comme candidate à Matignon — une haute fonctionnaire, par ailleurs cofondatrice du collectif Nos services publics — la gauche unie a finalement choisi un axe (potentiellement) consensuel.
« C’est très malin. Dans un contexte politique où le Nouveau Front populaire n’a pas de majorité absolue à l’Assemblée nationale, le thème des services publics peut vraiment être fédérateur », estime la politiste Julie Gervais, coautrice avec Willy Pelletier et Claire Lemercier de l’ouvrage La valeur du service public (La Découverte, 2021).
Une fois la « trêve olympique » passée, de la gauche à la droite, des députés aux élus locaux, « qu’ils s’identifient ou non au Nouveau Front populaire, ils peuvent soutenir la politique de défense des services publics, pense Julie Gervais. Le massacre est allé si loin qu’il y a une forme de prise de conscience généralisée qu’il faut à tout prix l’arrêter. »
Dégradation continue
Car la situation est grave. En septembre 2023, le collectif Nos services publics — qui regroupe des agents des services publics, des fonctionnaires et des contractuels — a publié un rapport alarmant sur le sujet, étudiant les écoles et les universités tout comme les hôpitaux, les transports et la justice.
« Bien qu’ils aient été sporadiquement renforcés — le nombre de fonctionnaires a par exemple augmenté dans les vingt dernières années — les moyens des services publics augmentent depuis vingt ans moins rapidement que les besoins sociaux [le nombre de patients à soigner ou d’étudiants à former par exemple]. L’écart entre les premiers et les seconds tend à s’aggraver », peut-on lire dans le…
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Auteur: Justine Guitton-Boussion

