On se gardera ici de hiérarchiser les événements qui ont secoué le monde depuis notre dernier rendez-vous fin juillet, mais faisons tout de même une place particulière à ce qui s’est passé dans un pays rarement visité par nos médias, sinon pour évoquer les calamités climatiques qui l’accablent. Le Bangladesh a été au début du mois d’août le théâtre d’une révolution vraie, et pour l’instant victorieuse. Partie d’un mouvement revendicatif d’apparence limitée, la mobilisation étudiante a été en proie à une répression féroce de la part d’un régime de plus en plus autoritaire. Puis, est advenu ce qui est indispensable à toute révolution, le lâchage de l’armée. L’autocrate a été mis en fuite. La suite est encore plus « révolutionnaire ». Les jeunes gens se sont auto-organisés pour suppléer les services de l’État, et désigner plus vite que Macron un premier ministre prestigieux, l’économiste des pauvres, Muhammad Yunus. On imagine mal que la réaction reste longtemps l’arme au pied. À moins que le mouvement finisse par pourrir de l’intérieur et produire l’autocrate qui le trahira. Voir le sinistre exemple vénézuélien où Maduro continue de défier la démocratie.
L’épisode états-unien nous rappelle que la démocratie, c’est souvent le choix du moindre mal contre le pire.
Les deux autres événements marquants nous sont venus des États-Unis et de Russie. Le renoncement de Joe Biden et le lancement « à l’américaine » de Kamala Harris ont redonné espoir à ceux qui ne veulent pas le retour de Donald Trump. Nous n’avons pas d’illusions. Harris, si elle l’emporte en novembre, ne fera rien, ou si peu, pour Gaza, rien ou si peu pour les immigrés venus du Sud, mais elle défendra au moins le droit à l’avortement, et ne se jettera pas dans les bras de Poutine. Accessoirement, l’épisode états-unien nous rappelle que la démocratie,…
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Auteur: Denis Sieffert

