La séquence politico-judiciaire qui s’ouvre après la condamnation de Marine Le Pen, le 31 mars, par le tribunal correctionnel de Paris, comporte évidemment un fort volet hexagonal. Qui pour remplacer la cheffe de file du Rassemblement national en 2027 ? Bardella va-t-il être accepté par les caciques de l’extrême droite ? Wauquiez, Retailleau vont-ils faire leur miel de cette élimination précoce ? Laissons la situation se décanter. D’autant plus que Marine Le Pen n’a pas rendu les armes (1). Son avocat va faire appel du jugement de lundi, sans doute en vain. Mais après ? Le RN, à n’en pas douter, va tenter de mobiliser ses électeurs. Jusqu’où ? Et sur quel ton, et avec quel risque de débordement ? Le RN peut-il se « rediaboliser » jusqu’à revenir aux origines extraparlementaires de l’extrême droite ?
Paradoxalement, il est plus utile que jamais de lire Marine présidente, Dystopie politique, Hakim El Karoui, Guillaume Hannezo et Thierry Pech (éd. Les Petits matins).
La violence des attaques contre la justice, voire contre la présidente du tribunal elle-même, n’est guère rassurante. Pas sûr, cependant, que les électeurs, hormis le noyau dur fanatisé, suivent. La prétention à l’impunité d’un mouvement qui ne cesse de réclamer plus de sévérité pour les petits délinquants, surtout s’ils sont issus de l’immigration, peut faire réfléchir. L’obstination de Marine Le Pen, lundi soir encore à la télévision, à nier la réalité du délit (2,9 millions d’euros de fonds publics détournés aux dépens du contribuable) est sans doute difficile à avaler dans l’opinion. Il est loin le slogan historique du Front national, « Mains propres, tête haute ».
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Auteur: Denis Sieffert

