La (dé)raison des missionnaires

Les deux versets du jour, qui ne figurent pas dans le lectionnaire dominical nous livrent un important message. Jésus est sans cesse suivi par la foule en raison des guérisons qu’il a opérées, mais sa famille n’admet pas cette suractivité qui le soustrait à sa vie privée : non mais il est fou, il devrait arrêter ces gens ! Et les scribes répéteront qu’il est possédé par Béelzéboul.

Ces deux versets nous mettent en face d’une évidence que nous connaissons bien : la bonne nouvelle du Christ est subversive, et il faut vivre à contre-courant du monde pour en témoigner. Saint Paul expose longuement l’opposition entre folie et sagesse (cf. 1 Co 1, 18-31) : « Nous, nous proclamons un Messie crucifié » (v.23). Que faisons-nous de cette aporie dans notre quotidien, dans nos relations ? Comment « présenter une défense devant quiconque nous demande de rendre raison de l’espérance qui est en nous » (1 P 3, 15) ?.

Le Pape François avait insisté sur cette folie évangélique indispensable pour être disciples- missionnaires (Discours, Gênes, 27 mai 2017), dont les exemples ne manquent pas : largesse de la compassion du bon Samaritain (Lc 10, 30-37). Folie, démesure du parfum répandu sur les pieds de Jésus (Jn 12, 1-8). Et bien sûr l’appel à pardonner… Blaise Pascal dirait : l’amour a ses raisons que la raison ne connaît pas.

Autres lectures : 2 S 1, 1-4.11-12.19.23-27 ; Ps 79 (80)

La suite est à lire sur: www.la-croix.com
Auteur: Michèle Clavier, laïque (diocèse de Perpignan-Elne)

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