On entend beaucoup dire que la situation française actuelle est inédite. Elle l’est parce que l’histoire ne se répète jamais à l’identique, mais il s’agit en vérité d’un retour au très classique antagonisme gauche-droite, et au non moins traditionnel affrontement des deux gauches qui ont structuré notre paysage politique jusqu’à l’effondrement du Parti communiste français (PCF) dans les années Mitterrand (1981-1995) et celui du Parti socialiste (PS) avec le calamiteux quinquennat Hollande. La fin de la parenthèse macroniste vérifie une nouvelle fois l’inanité de « la troisième voie ». En France, cette chimère a eu ses partisans, le plus souvent « centristes » ou à droite de la social-démocratie. Ils sont les héritiers conscients ou non de la doctrine sociale de l’Église.
La troisième voie macronienne était d’emblée une imposture. Il s’agissait en réalité d’un passage à droite avec armes et bagages.
On laissera à l’écart de cette typologie le gaullisme, né de la Résistance, puis pérennisé par la légitimité d’un personnage porté deux fois au pouvoir dans des circonstances exceptionnelles. Mais le gaullisme était avant tout un nationalisme. Avec Emmanuel Macron, on descend de plusieurs étages. L’idée de transcender le clivage gauche-droite était vouée à l’échec parce que le clivage n’est pas « transcendable », pas plus que la conflictualité sociale n’est effaçable. La troisième voie macronienne était d’emblée une imposture. Il s’agissait en réalité d’un passage à droite avec armes et bagages. La vérité explosa avec la réforme des retraites. Sur le fond (l’âge de départ) comme sur la forme (le déni de démocratie).
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Auteur: Denis Sieffert

