Alors que le confinement laissait entrevoir un avenir radieux pour Ubisoft, les dernières années ne semblent lui apporter que de mauvaises nouvelles. Entre franchises qui s’essoufflent, performances financières en berne et troubles internes allant jusqu’à un procès pour harcèlement sexuel et moral de trois anciens cadres, le géant français du jeu vidéo traverse une période délicate.
Depuis 2018, Ubisoft a plongé en bourse. Alors que son cours s’élevait jusqu’à 107 €, aujourd’hui le titre s’échange aux alentours de 10 €, soit une baisse de 86 % en cinq ans ! Et les résultats de l’exercice 2024-2025, communiqués le 14 mai dernier, n’ont pas rassuré les investisseurs avec des chiffres et prévisions en dessous de ce qu’avaient anticipé les analystes.
Dans une logique de réduction des coûts, Ubisoft s’est déjà séparé de 3 000 employés depuis 2022.
L’entreprise, qui bénéficie de plusieurs dizaines de millions d’aides publiques, a également annoncé en mars dernier la création d’une filiale qui va regrouper trois licences phares mais qui va surtout être détenue à 25 % par le géant chinois Tencent. De quoi alimenter l’hypothèse d’un rachat futur et d’un passage sous pavillon étranger. Le 9 octobre, un député a ainsi envoyé une lettre au premier ministre pour l’alerter sur « l’enjeu de souveraineté culturelle et industrielle forte » que représente la filière du jeu vidéo, sans citer expressément l’entreprise française.
Pourtant, Ubisoft, c’est aussi une histoire à succès. D’une petite entreprise de distribution de jeux vidéo fondée en 1986 en Bretagne, le groupe s’est depuis imposé comme l’un des plus grands éditeurs du globe. Connu pour ses licences phares Assassin’s Creed, Far Cry, Rainbow Six ou encore Just Dance, Ubisoft compte environ 17 000 employés et plus de 40 studios à travers le monde.
Sommes-nous donc en train d’assister à…
Auteur: Valentin Gachet, Doctorant en sciences de gestion, spécialisé en finance, Université Grenoble Alpes (UGA)

