Qu’ils soient bibliques ou scientifiques, les récits disent, à leur manière, que la vie apparaît d’abord dans l’eau. « Dieu dit : que les eaux grouillent d’un grouillement d’êtres vivants » (Gn 1, 20). L’ensemble des vivants qui peuplent l’océan forme une biodiversité d’une richesse exceptionnelle. Du plancton invisible à l’œil nu aux plus grands mammifères, la faune marine suscite l’émerveillement et nous rappelle la nécessité de préserver toute la Création.
Pourtant, alors même que la parole du Christ nous dit que, jetant son filet, le disciple peut le remonter « plein de gros poissons » (Jn 21, 11), force est de constater combien la réalité est autre : « La vie dans les mers et les océans, qui alimente une grande partie de la population mondiale, se voit affectée par l’extraction désordonnée des ressources de pêche, provoquant des diminutions drastiques de certaines espèces » (Laudato si’, n. 40).
En absorbant environ 30 % du CO2 atmosphérique et plus de 90 % de l’excès de chaleur produit par les activités humaines, l’océan constitue notre principal rempart dans la limitation des effets du dérèglement climatique. Hélas, il présente de plus en plus de fissures : la hausse des températures marines et l’acidification croissante des eaux affaiblissent sa capacité à absorber le carbone. La faune et la flore subissent les canicules marines sans pouvoir s’y adapter et la montée des eaux met en péril biodiversité et sociétés humaines côtières – près d’un milliard d’humains menacés d’ici à 2100 (1).
Une destruction documentée
« Qui a transformé le merveilleux monde marin en cimetières sous-marins dépourvus de vie et de couleurs ? » La réponse à cette question posée par les évêques catholiques philippins en 1988 dans leur lettre pastorale « What Is Happening to Our Beautiful Land ? » est bien connue. L’océan est devenu le…
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