Supprimer des barrages pour régénérer une rivière
C’est la Commission fédérale de régulation de l’énergie qui a validé la destruction de ces quatre barrages situés en aval du fleuve. À l’automne 2024, la démolition du dernier ouvrage marquait la fin d’un chantier historique, qualifié par la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) de « plus vaste opération de démantèlement de barrages au monde ».
Ces constructions, érigées au fil du 20e siècle par la compagnie PacifiCorp pour produire de l’électricité, ne représentaient pourtant que 2 % de son approvisionnement énergétique. Leur impact sur l’écosystème, en revanche, a été massif.
Les barrages avaient rompu la continuité d’un fleuve jadis considéré comme le troisième plus grand habitat de saumons sur la côte ouest, empêchant ces poissons migrateurs de remonter le fleuve pour pondre leurs œufs. Leur population a considérablement diminué, au même titre que la qualité de l’eau. En parallèle, les peuples autochtones, pour qui cette rivière est profondément ancrée dans leur culture et considérée comme un être vivant, avaient perdu l’accès à une ressource de vie essentielle.
Privés de ce lien vital, les premières nations n’ont cessé de se mobiliser pendant des décennies pour exiger la restauration du fleuve. Un tournant décisif a surgi en 2002 lorsqu’une sècheresse sévère et un niveau d’eau anormalement bas entrainent une épidémie, tuant plus de 30 000 poissons. Par des manifestations, des témoignages et des poursuites judiciaires, les autochtones ont mis en lumière les ravages environnementaux causés par les barrages, notamment pour les saumons.
De 2023 à 2024, les quatre barrages ont été dynamités et détruits, libérant des centaines de kilomètres de Klamath. Deux barrages utilisés pour l’irrigation et le contrôle des crues subsistent sur le cours supérieur du fleuve. Ils sont dotés de dispositifs…
Auteur: Chloe Droulez

