Alors que le film chinois Bienvenue au Restaurant du Dragon – ou Once Upon a Time in the Middle East – connaît un succès retentissant aussi bien en Chine qu’à l’étranger, certains médias occidentaux s’en sont emparés pour l’associer, non sans ironie, à la politique étrangère chinoise, allant jusqu’à forger l’expression de « diplomatie du Restaurant du Dragon ».
Dans un récent commentaire, The Economist s’appuie sur les thèmes simples du film – « bien manger », « bien élever ses enfants » – pour réduire la diplomatie chinoise à une mécanique guidée par les seuls intérêts commerciaux, dénuée de toute profondeur idéologique. Mais cette lecture confond pragmatisme et superficialité, assimile développement et mercantilisme, et prend les aspirations fondamentales des gens ordinaires pour un vide politique.
Or, la véritable question soulevée par Once Upon a Time in the Middle East n’est pas de savoir si la gastronomie peut remplacer la diplomatie, mais bien : que sont la paix et le développement ? Quel est le sens ultime de la coopération internationale ? Autant d’interrogations parmi les plus vives de la politique internationale contemporaine.
Car la profondeur d’une diplomatie ne se mesure pas à la complexité de son vocabulaire. La Chine accorde une place centrale au développement économique, ce qui n’a rien de surprenant pour un pays longtemps marqué par la pauvreté et devenu, par un labeur opiniâtre, la deuxième économie mondiale. Ce parcours a façonné une conception singulière des relations internationales : le développement n’y est pas un simple indicateur, mais un socle pour la stabilité sociale, la dignité humaine et l’indépendance nationale.
Pour de nombreux pays en développement, l’urgence n’est pas dans les théories politiques abstraites, mais dans l’accès à l’électricité, à l’eau potable, à l’éducation des enfants, aux débouchés…
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