Avertissement : cet article raconte des faits de violences sexuelles.
Un silence glacial règne devant le 51, rue de Bercy, à Paris. Vingt-quatre heure plus tôt, pourtant, une projection était encore prévue ce dimanche 15 novembre, dans le cadre de la rétrospective consacrée à l’acteur américain, Marlon Brando, avant d’être finalement annulée. Et pas de n’importe quel film, puisqu’il s’agissait du Dernier Tango à Paris. Ce long-métrage, réalisé par Bernardo Bertollucci et sorti en 1972, raconte une relation violente entre Paul (Marlon Brando) et Jeanne (Maria Schneider), alors que tous deux se rencontrent par hasard lors de la visite d’un appartement.
Le film est surtout connu pour une scène de viol où Paul sodomise Jeanne en utilisant une motte de beurre comme lubrifiant. Un élément qui n’était pas prévu au scénario. Cette mise en scène a été imaginée par Bernardo Bertollucci et Marlon Brando le matin même. Le réalisateur avait seulement indiqué à l’actrice que cette scène allait être « violente ». Rien d’autre.
Si la pénétration que l’on voit à l’écran est fictive, les larmes et les cris sont, eux, bien réels, alors que la main de Paul (Marlon Brando) se glisse de force entre les fesses de l’actrice. « Je voulais avoir sa réaction, pas d’actrice, mais de jeune femme », affirmait, quarante ans plus tard, Bernardo Bertollucci, lors d’une masterclass organisée à la Cinémathèque, en 2013. Le spectateur se trouve donc devant une véritable agression sexuelle.
« Viol symbolique »
Celle qui n’avait que 19 ans à l’époque a déclaré avoir été victime de « viol symbolique » par Marlon Brando – 47 ans lors du tournage – et par le réalisateur franco-italien. Des faits qui ont participé à plonger l’actrice dans une terrible addiction à l’héroïne pendant de longues années, en plus d’avoir…
Auteur: Hugo Boursier

