« Nous ne sommes pas flics. Notre mission en mer, ce n’est pas du contrôle aux frontières ni la lutte contre l’immigration », lâche un sauveteur en mer dans le port de Dunkerque, à quelques pas de la station de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM). Aujourd’hui, pour empêcher les départs, les forces de l’ordre interviennent sur les plages. Avec la nouvelle doctrine, dont des premiers éléments ont été révélés par Le Monde en novembre, les autorités pourront intervenir directement en mer.
Les contours n’ont pas été précisés mais les sauveteurs s’inquiètent de l’escalade de la violence en mer. Et du rôle qu’ils pourraient avoir dans ce nouveau dispositif répressif. Vont-ils devoir participer à la coercition ? Personne ne sait. « Ce dispositif est flou. Est-ce que l’on va nous demander d’attendre, à distance, que l’interception se passe pour intervenir en cas de problème ? », s’interroge un membre de la SNSM. Plus de 41 000 candidats à l’exil ont rejoint le Royaume-Uni, l’an dernier, en traversant la Manche à bord d’embarcations de fortune, ou « small boats ».
La gendarmerie maritime sera-t-elle la seule à intercepter en mer ? Il y a fréquemment de nombreux départs simultanés d’embarcations. Face à un grand nombre d’entre elles, les marins craignent que d’autres équipages soient appelés à intervenir dans le cadre de la méthode Retailleau. Le bénévole du SNSM ajoute : « Quand on intervient auprès d’un small boat, c’est pour nous assurer que les gens à bord ne sont pas en danger. S’ils demandent l’assistance ou si l’on constate par nous-mêmes le danger, alors on déclenche l’opération de sauvetage. » Les missions de sauvetage sont pilotées depuis le centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage Gris-Nez, sous l’autorité du préfet maritime de la Manche et de la mer du Nord.
On est formés…
Auteur: Virginie Wojtkowski

