« La domination exercée sur la pauvreté est sans doute pire que la pauvreté elle-même »

À rebours des discours dominants, Pascale Joffroy invite à considérer les bidonvilles en France comme une réalité urbaine à part entière plutôt qu’une anomalie à effacer. Architecte et cofondatrice de l’association Système b, elle revient sur son engagement aux côtés des habitants et sur les logiques politiques, juridiques et architecturales qui entourent ces formes d’habitat auto-construit. Entre critique des expulsions, réflexion sur l’informalité et défense du droit fondamental à un toit, cet entretien propose de repenser la place des bidonvilles dans la ville contemporaine et leur amélioration possible.

Peux-tu te présenter et nous présenter l’association Système b, que tu as cofondée ? Qu’est-ce qui t’a conduit à t’intéresser aux bidonvilles ? Pascale Joffroy : Il y avait de nombreux bidonvilles près de l’école d’architecture où j’enseignais, dans un rayon compris entre 50 mètres et 2 kilomètres. Une dame prénommée Maria m’a invitée à venir chez elle discuter autour d’un café. Sur place, j’ai été saisie : derrière le mur de verre de l’école d’architecture, des constructions judicieuses, des intérieurs très investis, des espaces communs qui fonctionnent. Avec trois étudiantes qui avaient une expérience similaire, nous avons commencé à faire des petits chantiers, avec et pour les habitants, selon ce qu’ils souhaitaient. Puis nous avons fondé l’association Système b (b pour bidonville) en octobre 2015. Nous avons adopté le mot « bidonville » parce qu’il se réfère à une forme urbaine déniée et rejetée en France. On la considère comme honteuse, on veut faire croire qu’elle est facile à résorber, on la détruit inutilement et violemment, sans relogement ni hébergement le plus souvent. Ce n’est pourtant pas un fait nouveau, puisque le mot bidonville, qui apparaît dans les années 1930 en Afrique du Nord, arrive en France dans les…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

Pour l’actu indépendante

🌍 Soutenez l’info libre. Gardez OnePlanète vivant et sans pub
→ ko-fi.com/oneplanetecom

Buy Me a Coffee at ko-fi.com