La mafia agro-industrielle frappe encore
Le média Reporterre révélait ce 20 mars qu’une employée de la Direction régionale de l’environnement (Dreal), institution chargée de contrôler et de préserver la qualité de l’eau, de l’air et du sol, de protéger la biodiversité mais aussi d’informer la population sur la pollution, a été mutée sans sommation.
Cette salariée était «en première ligne sur le dossier des nitrates en Bretagne depuis une quinzaine d’années». L’institution affirme qu’elle est déplacée au motif de «l’intérêt du service». Pourtant, cette mesure ne laisse aucun doute aux syndicats : FO, le SNE-FSU, la CGT et l’UNSA y voient une «sanction contre celles et ceux qui osent dire non aux dérives» et «une atteinte inacceptable à l’indépendance des fonctionnaires». Ils dénoncent une procédure «d’une grande brutalité» qui n’est rien d’autre qu’une «sanction disciplinaire déguisée».
Cette procédure sert manifestement à empêcher toute enquête sérieuse sur l’agro-industrie bretonne et la pollution qu’elle génère, puisque la salariée est une «spécialiste des enjeux liés à l’eau et à l’agriculture, et en particulier du nitrate, dont la forte teneur est responsable de la prolifération d’algues vertes». Si personne n’est là pour mesurer et observer, alors le problème disparaît. Les syndicats dénoncent d’ailleurs la surcharge de travail et le manque de moyens, «symptôme d’une administration exsangue où l’on préfère sanctionner les lanceur·ses d’alerte plutôt que de recruter et de soutenir les équipes».
Ça se passe comme ça désormais en France : plutôt que de faire baisser la fièvre, les autorités préfèrent casser le thermomètre. Le gouvernement avait retiré son accréditation à Anticor, une association de lutte contre la corruption, l’empêchant ainsi de mener des procédures, ou supprimé l’observatoire…
Auteur: B

