François Hollande n’en est plus à une contradiction près. L’ancien président rêve d’être le recours de cette gauche sociale-démocrate qui se cherche encore. Mais, pour sa rentrée, il choisit la une du très droitier Le Point le 27 août. Il y fait la promotion de son dernier livre à paraître le 3 septembre aux éditions Robert Laffont. Titre de son ouvrage : Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche. Nouvelle gauche, vraiment ?
Dans les 88 propositions de son pavé, Hollande refuse d’augmenter significativement le Smic, s’oppose à la taxe Zucman, souhaite baisser les cotisations salariales en relevant, notamment, de quatre points la TVA. Plus encore, l’ex-chef de l’État estime qu’il n’est plus question de défendre un âge légal de départ à la retraite à 60 ou 62 ans, mais à 63 ans. Il veut même introduire une part de capitalisation et imagine augmenter la durée de cotisation en l’adaptant à l’espérance de vie et à l’équilibre démographique.
Et ce n’est pas fini. Sur un tout autre sujet, le socialiste défend un durcissement des règles du regroupement familial et souhaite fixer des volumes d’immigration de travail. En 2013, le locataire de l’Élysée s’empêtrait dans l’affaire Leonarda en regrettant, dans une allocution, l’expulsion de l’adolescente de 15 ans, arrêtée en pleine sortie scolaire pour être renvoyée au Kosovo. Treize ans plus tard, il fait de ce scandale politique un pilier de son programme. La « nouvelle gauche » de l’ancien président pioche tout simplement dans les idées traditionnelles de la droite.
François Hollande a bien changé. Dans l’hebdomadaire détenu par François Pinault, il affirme ne pas être libéral mais ne dirait plus aujourd’hui « mon ennemi, c’est le monde de la finance ». L’intéressé l’admet : « Je l’exprimerais d’une manière différente. » Où est donc passé…
Auteur: Lucas Sarafian
