Partons d’un postulat simple : l’âge est le rapport de pouvoir à la fois le plus commun et le plus tu. Or nous sommes tous des enfants en passe de devenir adultes, des adultes anciennement enfants, voire des parents en charge d’enfants ; quelle que soit notre place dans la hiérarchie des âges, nous croyons à l’innocence et à l’incomplétude de l’enfance autant qu’à la nécessité inéluctable de devenir adulte. Avec La fabrique de l’enfance, anthropologie de la comédie adulte, Sébastien Charbonnier vient dynamiter nos catégories et nos certitudes. En décortiquant les dispositifs et représentations qui produisent l’enfant autant que l’adulte, le philosophe met à nu l’un des mécanismes essentiel à notre conformation au capitalisme : il faut fabriquer de l’enfant pour perpétuer la comédie adulte.
À voir mardi 11 novembre à partir de 20h :
La démonstration est aussi implacable qu’embarrassante : au cœur de nos attachements les plus forts et les plus sincères, se logent les dynamiques et les imaginaires qui nous assujettissent le plus puissamment au monde de l’économie. Et aucune crise de susceptibilité ou de culpabilité ne nous en sauvera. Ce dont il est question c’est d’abolir l’adulte, c’est-à-dire de libérer les devenirs.
La fabrique de l’enfance paraît aux éditions lundimatin ce vendredi 14 novembre. Le livre sera disponible dans toutes les bonnes librairies et en vente en ligne sur notre site ici. Des extraits sont aussi disponibles ici.
Sommaire de l’entretien :
00:00 Teaser et présentation du livre
07:42 Penser le pouvoir comme rapport (enjamber la susceptibilité comme la culpabilité)
09:48 Briser le miroir, ne plus croire à l’adulteTM
12:53 Comment se naturalise l’infériorisation des enfants
16:49 Pourquoi la comédie adulte doit produire la fiction de l’enfant
17:52 Contester l’interprétation…
Auteur: dev

