Après celui de l’absentéisme, des élèves comme des professeurs, un autre fléau s’abat sur l’Éducation Nationale : le non-présentisme, conséquence directe d’années de réformes visant à transformer l’École en Entreprise cool – la dernière en date (Blanquer) ayant drastiquement accéléré le processus déjà en cours. Le métier de professeur s’en est trouvé dénaturé, le métier d’élève détruit, redéfinis subrepticement, l’un comme l’autre, par des effets de structure. Le Lycée ainsi réagencé, vise à produire un nouveau type d’individu, et y parvient.
La différence entre les deux fléaux, le sempiternel absentéisme et le flambant neuf non-présentisme, au premier abord si semblables, est, en réalité, de taille et mérite une analyse approfondie. L’absentéisme inquiétait, le non-présentisme a plutôt tendance à plaire.
Pour que l’explication soit accessible aux non-initiés au langage et aux ressorts de l’Éducation Nationale, l’auteur fait l’effort d’expliquer la situation en s’adressant aux parents d’élèves sous la forme d’une lettre ouverte, en reformulant en français courant et en agrémentant le raisonnement d’exemples concrets.
Cher parent de collégien, parent de lycéen, parent non-prof,
Tu te plains parce que les professeurs de ton enfant sont souvent absents. Si tu n’es pas de ceux qui disent « ouais, les fonctionnaires de toute façon ça ne fout rien », tu penses que c’est parce qu’il n’y pas assez de professeurs et il n’y a pas assez de professeurs parce que l’Éducation Nationale s’emploie à rendre le métier de plus en plus pénible. Tu as raison, il y a de ça, mais tu ne sais pas tout, c’est plus subtil, tordu et compliqué que ça. C’est structurel. Ce n’est pas parce que quelque chose ne fonctionne pas bien que le professeur de ton enfant est absent. C’est justement parce que tout fonctionne parfaitement bien qu’il est absent.
Et,…
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Auteur: dev

