Sans alcool et quasiment sans sucre, le kéfir de fruits rencontre un certain succès au rayon frais des supermarchés et magasins bio. Une douzaine de producteurs artisanaux français se sont lancés sur ce marché, à côté des kombuchas et des kéfirs de lait. Les consommateurs plébiscitent aussi ce produit à l’origine ancestrale pour sa teneur en probiotiques susceptibles d’améliorer la flore intestinale. Résultat : les ventes de boissons fermentées ont augmenté de 35 % entre 2023 et 2024. Pourtant, cet élan pourrait bien être stoppé net en France.
C’est l’alerte lancée par des fabricants, scientifiques et personnalités dans une tribune que nous publions sur Reporterre. En cause : une réglementation inadaptée. « Un produit non laitier ne peut être qualifié de kéfir », explique la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), interrogée par Reporterre.
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Elle s’appuie sur la norme internationale codex Alimentarius dans laquelle le kéfir figure parmi les laits fermentés, en tant que kéfir de lait. C’est la seule définition juridique qui existe. Autrement dit, les producteurs ne sont pas autorisés à utiliser l’appellation « kéfir » pour un kéfir de fruits, qui par définition ne contient pas de lait.
Récemment, l’administration a commencé à sévir en envoyant des injonctions aux fabricants, s’inquiètent les signataires du texte : « Un producteur des Côtes-d’Armor a même dû changer son appellation depuis plusieurs années pour se conformer aux injonctions de sa DDPP locale », la direction départementale de la protection des populations.
« On tromperait le consommateur »
Pour Christophe Lavelle, chercheur spécialisé en alimentation au CNRS et au Muséum national d’histoire naturelle (
Auteur: Fabienne Loiseau

