«Dès lors que vous n’aurez plus de nouvelles c’est qu’internet a été coupée et qu’Israël s’apprête à nous attaquer» : c’est le message grave publié hier soir, le 8 juin, par l’eurodéputé franco-palestinienne Rima Hassan à bord du Madleen. Le voilier faisait route vers Gaza avec de la nourriture et s’approchait de son objectif. Peu après, elle écrivait : «Ils sont là», puis plus rien. Les communications étaient coupées. Yanis Mhamdi, journaliste de Blast, à bord de l’embarcation, écrivait vers 2h du matin : «Mon arrestation par l’armée israélienne est imminente».
Vers 1h30 du matin, le voilier a d’abord été survolé par des drones qui ont projeté sur le pont et l’équipage un mystérieux liquide blanc, puis des soldats israéliens armés sont montés à bord et ont pris le contrôle du bateau. L’armée israélienne dit avoir «arraisonné» le navire, qui va être emmené en Israël, avant l’expulsion de l’équipage depuis l’aéroport de Tel Aviv. L’ONG qui organise la flottille de la liberté estime que l’équipage a été «kidnappé par les forces israéliennes».
Il s’agit en effet d’une nouvelle violation du droit international : le voilier a été abordé dans les eaux internationales, à 57 kilomètres de la côte de Gaza. Israël n’a aucun droit dans cette zone : il s’agit d’un acte de piraterie d’État. Israël n’a pas d’autorité légale pour détenir les volontaires internationaux à bord du Madleen. 6 ressortissant-es français-es ont été capturé-es en dehors de tout cadre légal : en principe, le gouvernement devrait réagir. Il ne le fait pas. Surtout, l’arrestation d’un groupe humanitaire et la saisie d’aide destinée à une population en état de famine et de privations mortelles est criminelle.
En France, la meute médiatique des milliardaires a passé ces derniers jours à diffamer et à ridiculiser cette flottille, parlant de «croisière s’amuse»,…
Auteur: B

