Emmanuel Macron peut-il être tenté par un tournant autoritaire face à la mobilisation sociale ? Alors que Bruno Retailleau évoque un report de la présidentielle en raison de possibles violences, les tensions gagnent jusqu’au sommet de l’État. Le président, critiqué pour sa gestion des manifestations du 17 octobre, aurait envisagé l’état d’urgence et un couvre-feu généralisé avant de renoncer. Il tente désormais de reprendre la main, allant jusqu’à vouloir restreindre les manifestations non syndicales, une décision contestée devant le Conseil d’État par des défenseurs des libertés. Laurent Nuñez, son ministre de l’Intérieur, est lui aussi fragilisé : il devra s’expliquer devant les parlementaires sur la stratégie de maintien de l’ordre et les violences policières. Une commission d’enquête se met en place à l’Assemblée, sur fond de tensions entre la gauche, la droite et le RN autour de son périmètre. En coulisses, l’hypothèse d’un recours à des mesures d’exception, voire à l’article 16 de la Constitution, inquiète. L’éventualité de confier des missions de maintien de l’ordre à l’armée suscite également des réserves au sein même des forces armées. Entre contestation sociale, divisions politiques et restrictions des libertés publiques, le pouvoir macroniste semble chercher une réponse sécuritaire à une crise qu’il peine à maîtriser.
Auteur: Le Média
