Saviez-vous que le gouvernement français autorise l’épandage de pesticides sur le territoire national alors même qu’ils ne sont pas autorisés au niveau européen ? Ces substances toxiques se retrouvent directement dans vos assiettes, les fruits que vous mangez ou dans votre eau potable.
Prenons le cas de l’insecticide Movento, fabriqué par le géant Bayer. Sa substance active, le spirotétramate, n’est pas autorisée à la vente dans toute l’Union européenne depuis 2024, suite à la non-demande de renouvellement de Bayer. Ce dernier aurait dû soumettre de nouvelles études, notamment sur la perturbation endocrinienne et la toxicité pour les abeilles. En l’état des connaissances, le spirotétramate est classé reprotoxique 2, c’est-à-dire suspecté toxique pour la reproduction et le développement du fœtus, et considéré comme « très toxique » pour les milieux aquatiques par l’Agence européenne des produits chimiques.
Cependant, cette substance active non homologuée peut être épandue en France depuis le 1er mars sur les cerises, pêches, abricots, pommes, poires, prunes, cassis, groseilles, myrtilles… Le gouvernement français a en effet accordé des dérogations pour cette substance active à la filière des fruits à pépins et des fruits rouges, en dépit des mentions de danger du produit, stipulées dès le début du dossier d’autorisation.
Extrait de l’autorisation de mise sur le marché du Movento par le ministère de l’Agriculture, le 19 février 2026.
Comment la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a-t-elle pu accorder cette dérogation ? Elle a d’abord cédé aux pressions des producteurs de pommes de Corrèze qui réclamaient le retour du Movento pour faire face au puceron cendré. Ces derniers, dans une lettre cosignée par la FDSEA (fédération départementale de la FNSEA) et les Jeunes agriculteurs le 10 décembre 2025, déploraient « les interdictions successives de…
Auteur: Sophie Chapelle

